La crainte que les collèges Adventiste et universités du monde entier s'éloigne des valeurs de l'église adventiste du traditionnel a été décrit dans un rapport présenté par la Commission de l'église adventiste sur l'enseignement supérieur aux délégués du
La tendance des institutions adventistes d’éducation supérieure à s’écarter des valeurs traditionnelles de l’Église est un sujet de préoccupation traité dans un rapport présenté par la Commission de l’Église adventiste sur l’éducation supérieure aux délégués du Conseil annuel, le 14 octobre dernier.
« Intéressez-vous spécialement aux indicateurs qui suggèrent que dans l’ensemble, nos institutions et nos programmes éducatifs évoluent lentement mais sûrement de l’orthodoxie au sécularisme, » a déclaré Gerald D. Karst, un des vice-présidents de l’Église mondiale et responsable de cette commission. « Quelques problèmes majeurs sont apparus dans ce rapport. »
Le document a mis en lumière un certain nombre de questions, dont celle des enseignants adventistes formés dans des institutions non adventistes ainsi que le nombre croissant d’enseignants et d’étudiants qui ne sont pas membres d’Église. La commission estime que d’ici 2010, quelque 28 % du corps enseignant et quelque 46 % des étudiants des institutions d’éducation supérieure de l’Église ne seront pas adventistes.
Les statistiques fournies par ce rapport sont, à en croire les responsables de l’Église, cause d’une grave préoccupation. Le texte remis par la commission situe certaines institutions universitaires adventistes à la croisée des chemins, dans la mesure où elles s’éloignent progressivement de la philosophie adventiste en matière d’éducation—et cela cause une certaine crainte.
Garland Dulan, directeur de l’éducation de l’Église mondiale, a déclaré, expliquant ces résultats, que le rapport fait de nombreuses références aux travaux publiés par trois experts en éducation ayant étudié les effets de la sécularisation sur des institutions fondées sur la foi. « En observant des indicateurs proposés par ces auteurs, nous pouvons discerner une tendance à la sécularisation au sein du système éducatif adventiste, » a dit G. Dulan.
La Commission sur l’éducation supérieure a formulé six recommandations en vue de leur « immédiate mise en œuvre ». Elles sont réparties en trois groupes, dont le premier vise à renforcer l’influence de la philosophie éducative adventiste parmi les enseignants « qui n’ont pas bénéficié d’une mise en contact adéquate avec ces sujets. »
Bertil Wiklander, président de l’Église dans la région Transeuropéenne, a dit de son côté : « J’estime qu’il s’agit de nourrir une culture de campus où tout un chacun est déterminé par l’essence de la mission et de la pensée adventistes. On y parvient à l’aide de moments de dévotion et par la qualité des rapports que les responsables établissent avec le personnel. »
B. Wiklander faisait référence à la recommandation préconisant que des cours de niveau 3ème cycle, consacrés aux valeurs adventistes, soient suivis par les enseignants formés dans des institutions non adventistes et il a ajouté : « Pour moi, suivre un cours est quelque chose de très superficiel. Je songe à des situations où des enseignants travaillant au même endroit que moi ont suivi de tels cours, mais où cela ne les a jamais amenés à modifier leur attitude. Par contre, leur parler à titre personnel, prier avec eux, entretenir un constant dialogue sur ces sujets, leur suggérer des livres à lire et à évaluer et faire en sorte qu’ils reviennent sur cette question de manière personnelle—j’ai trouvé tout cela plus utile. »
D’autres recommandations proposent d’imaginer comment les étudiants, les enseignants et les responsables peuvent être continuellement exposés aux enseignements de l’Église et à sa philosophie en matière d’éducation.
Le dernier groupe de recommandations porte sur la formation d’une série de sous-comités devant étudier la sécularisation croissante des institutions adventistes d’éducation supérieure.
Certains éducateurs adventistes pensent que le nombre croissant d’étudiants et d’enseignants non adventistes ne représente peut-être pas la totalité du problème.
« Même lorsqu’on a affaire à un corps enseignant à 100 % adventiste et à des étudiants à 95 % adventistes ... la tendance à la sécularisation demeure un problème sur tous les campus, » a affirmé Dick Osborn, président du Pacific Union College situé à Angwin, en Californie.
« Même avec de pareilles proportions, des évolutions majeures continuent de se produire. Je pense que nous avons besoin d’envisager les choses plus largement que ce que nous proposent ces recommandations, a-t-il ajouté. Vous avez fait un excellent travail avec des enquêtes indépendantes, vous êtes allés dans chacune des divisions [de l’Église] et vous en avez retiré une abondance de données et d’apports statistiques, mais nous n’avons rien eu depuis. Nous disposons maintenant de plusieurs mois durant lesquels je crois que nous pouvons commencer à impliquer la base. Parce qu’on ne peux pas provoquer un changement de culture en adoptant une approche du haut vers le bas. »
Jung Kwon Chun, président de l’Église en Corée, a indiqué que la majorité des étudiants de la Sahmyook University, institution adventiste coréenne, ne sont pas membres d’Église, mais il n’y voit aucun problème. « C’est bon pour notre mission, » s’est-il exclamé, ajoutant que certains de ces étudiants ont été, depuis leur inscription, baptisés et reçus au sein de l’Église adventiste. Chun a expliqué les enseignants de la Sahmyook University sont « des membres sincères de l’Église adventiste » et « sont animés de l’ardent désir d’enseigner le message. »
La motion d’approbation du rapport et de ses recommandations a été adoptée à l’unanimité par les délégués du Conseil annuel. Des sous-comités vont s’occuper des questions nécessitant un supplément d’étude et des recommandations seront formulées pour la réunion de printemps, en 2004. On peut consulter, en anglais seulement, le rapport intégral de la Commission sur l’éducation supérieure, à cette adresse : www.adventist.org